Après plusieurs mois de procédure et une interpellation très médiatisée, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a blanchi la dirigeante de Dayo Group. Une décision qui rebat les cartes d’un contentieux opposant deux acteurs du courtage en assurance.
Le dossier opposant Dayo Group à ASK Gras Savoye vient de connaître son issue judiciaire. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a prononcé l’acquittement de Déborah Gnagne, Directrice générale de Dayo Group, mettant fin à des poursuites pénales engagées à la suite d’une plainte déposée par son ancien employeur. L’affaire remonte à octobre 2024. À son retour d’une mission professionnelle à Abidjan, Déborah Gnagne avait été interpellée dans la nuit du lundi 14 octobre à l’aéroport de Cotonou, avant d’être remise en liberté sous convocation. Cette interpellation faisait suite à des accusations formulées par ASK Gras Savoye, qui reprochait à la fondatrice de Dayo Group d’avoir recruté certains de ses employés et d’utiliser des biens appartenant à la société pour ses activités.
Selon les informations relayées à l’époque, le différend avait d’abord été porté devant le tribunal de commerce de Cotonou, puis réorienté vers le pénal. Au fil des audiences, la défense de Déborah Gnagne a contesté l’ensemble des griefs formulés. Des membres du personnel de Dayo Group ont notamment apporté des précisions sur les conditions de départ d’anciens salariés d’ASK Gras Savoye. D’après ces témoignages, sur les 13 employés ayant rejoint Dayo Group, neuf (09) étaient en contrat à durée déterminée (CDD) arrivé à terme, tandis que trois (03) salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) avaient présenté leur démission conformément aux procédures en vigueur. Après examen du dossier, la Criet a estimé que les faits reprochés ne constituaient pas des infractions pénales caractérisées. Ce qui a conduit à l’acquittement de la dirigeante de Dayo Group.
De sources concordantes, ASK Gras Savoye envisagerait d’interjeter appel pour contester la décision rendue. En attendant l’éventuelle suite judiciaire, Déborah Gnagne et Dayo Group peuvent se prévaloir d’un succès, dans ce dossier qui continue d’alimenter les débats sur la frontière entre contentieux commercial et poursuites pénales dans l’environnement des affaires au Bénin.

